04
juil

QuilomboL’épopée de la colonisation de l’Amérique du Sud fut, on s’en doute, une suite barbare de massacres et de boucheries. L’histoire vraie de Quilombo n’est pas oubliée au Brésil, ce pays qui n’était encore qu’un vaste contré lorsque les Portugais s’y installèrent au 16 ème siècle. Les Indiens préférant mourir sur place plutôt que de travailler, les conquérants sont obligés d’aller capturer, en Afrique, des Noirs qui serviront aux travaux pénibles. Un groupe de ces esclaves se révolte et, commandé par un certain Ganga Zumba, va se réfugier à Quilombo, où une société idéale et harmonieuse est fondée par les évadés. Ganga Zumba en devient le chef, dans l’indifférence des Portugais occupés à guerroyer ailleurs contre les Hollandais… Cette guerre achevée, ils décident d’en finir avec Quilombo ; le terrible affrontement va commencer, d’autant plus dramatique que les rebelles sont divisés entre eux, hésitant entre la négociation avec les Portugais et la résistance à tout prix… Cette fresque historique est traitée par Carlos Diegues comme un poème lyrique, enrobé de la mélodieuse musique brésilienne de Gilberto Gil et Walid Salomao…

Le maitre chinois

Le maitre chinoisUn Jackie Chan d’avant la période américaine. Ça se bat… euh pardon, ça combat beaucoup. Et on a l’impression d’avoir vu le film dix fois déjà. Pourtant les «Kung fu» de Jackie Chan sortent du raz de marée de productions médiocres qui submergent les écrans internationaux… Non pas pour la qualité particulièrement spectaculaire, mais par leur humour. Dans «Le maître chinois», il n’y a presque pas de scénario.., ou, plus exactement, une histoire prétexte à combats. Il n’y a pas, non plus, de personnages, mais seulement des clichés de «bons» ou de «méchants». Cependant il y a un acteur : Jackie Chan. Physiquement, il n’a rien d’un Adonis. Il n’a pas le charme sauvage d’un Bruce Lee, par exemple. Mais Jackie Chan est un authentique comédien qui sait se servir de sa physionomie pour exprimer des émotions. Il suffit de voir les autres karatekas qui l’entourent, grands sportifs, mais piètres acteurs. Jackie Chan pratique l’autodérision avec une certaine habileté. Dans «Le maître chinois», il est un jeune élève d’une école de Kung fu, fort indiscipliné. Pour lui apprendre à vivre, il est envoyé, contre son gré, faire ses classes auprès d’un vieux maître aux méthodes peu orthodoxes et qui ne trouve le degré de concentration nécessaire à son art que lorsqu’il a ingurgité une grande quantité d’alcool… Le film est donc l’histoire d’un apprentissage permettant une victoire finale sur le méchant de service. Mais le film de YuenWoo Ping montre que la suprématie dans le combat ne réside pas dans la force physique, mais dans l’expérience. Un vieil homme expérimenté peut venir à bout d’un jeune et vigoureux colosse tout en muscles. Voilà qui est rassurant pour l’avenir !

25
juin

Vive la vidéo quand elle nous permet de découvrir de petites séries B, depuis longtemps oubliées après une rapide sortie en salles ! Cet «Africa Texas style» est le dernier film d’un cinéaste réputé pour bien filmer les scènes d’action. Il fut d’ailleurs directeur de seconde équipe sur des films aussi prestigieux que «Ben Hur», «Les 55 jours de Pékin», «Cléopâtre», «La chute de l’Empire romain» et même coréalisateur du «Jour le plus long». Ses films personnels sont nettement moins brillants, mais montrent le plus souvent un goût pour les grands espaces.Africa Texas style On comprend qu’il ait choisi (ou accepté) de réaliser cette histoire très délirante de deux cow-boys arrivant en Afrique pour capturer au lasso les buffles, zébus et autres gazelles afin d’en faire des bêtes d’élevage qui permettront de réduire la famine sur le continent africain. Autour de ces deux cow-boys (dont l’un est d’ailleurs un Indien), se greffe toute une série d’histoires aussi naïves. La tribu Masaï, sauvage au prime abord, finit par se civiliser par admiration pour le courageux héros. La jeune et sexy scientifique tombe dans ses bras. Et le méchant de service (un propriétaire blanc) qui est prêt à tout pour que l’entreprise échoue, se fait casser la figure à la dernière bobine… Côté intrigue, donc, rien de nouveau. Mais Andrew Marton, qui avait déjà tâté de l’Afrique avec ses «Mines du roi Salomon», s’en donne ici à cœur joie. Il y a, bien sûr, quelques stock shots d’animaux sauvages (style crocodile fonçant en contre champ vers le cow-boy), mais la plupart des scènes sont tournées pour le film.., y compris ce face à face avec un rhinocéros que Hugh O’Bien (ou sa doublure, cascadeur) finit par attraper au lasso. Ça vaut le «Hatari» de Howard Hawks, tourné à peu près à la même époque. Ou vrai spectacle !

06
juin

AntarcticaCoproduit du cinéma et de la télévision japonais, «Antarctica» a fait un malheur au Japon. En France, l’accueil fut plutôt frais sauf chez les adeptes de la vie des animaux. A part ceux-là, la banquise, la neige et l’épopée de la première expédition antarctique japonaise en 1958 ne fait pas vraiment frémir le public français. Pourtant, le film est très beau même s’il est loin, très loin de s’apparenter à Kurosawa, le géant inaccessible. On s’attarde beaucoup, dans «Antarctica», sur le destin de deux rescapés de l’expédition, Taro et Jiro. Ceux-là vont survivre pendant un an sur la banquise tandis que leurs compagnons meurent un à un. Taro et Jiro sont des chiens de trumeaux et de loin les meilleurs acteurs du film. Et c’est vrai que leurs retrouvailles à l’eau de rose avec leurs maîtres auraient de quoi faire pleurer même un iceberg.

Boxcar BerthaBoxcar Bertha

«Boxcar Bertha» est le second film de Martin Scorsese. En 1972, le réalisateur de «New York, New York» et «Taxi driver» n’avait pas une telle cote d’amour auprès des producteurs. Il débutait et, comme beaucoup d’autres (Coppola et Bogdanovich entre autres), Corman lui a donné sa vraie première chance… tout en l’exploitant un peu, ce qui est de bonne guerre. La mode était aux biographies de grands criminels, dans les Studios Corman… Scorsese donnera donc dans le genre, mais tout en parlant de ces paumés et marginaux qu’il aime bien, Bertha et ses amis terrorisent les États-Unis, au cœur des années 30. Mais Scorsese parle avant tout d’une révoltée contre la société (à la suite de la mort tragique de son père par la faute d’un patron) et d’un militant syndicaliste. Son film se veut une ballade tragique. Côté spectacle, on retrouve dans «Boxcar Bertha» le romantisme désespéré et violent de «Bonnie and Clyde» et le décor de misère sociale et violence des chemins de fer de «L’empereur du Nord» de Robert Aldrich. Mais Scorsese a su y ajouter une jolie tendresse pour ses personnages. Il a eu la chance de trouver une interprète étonnante : Barbara Hershey, que l’on reverra dans «Le diable en boîte» de Richard Rush ou  «L’emprise» de Sidney J. Furie. A la fois volontaire et fragile, sensuelle et énergique, elle est Boxcar Bertha ! A travers elle, Martin Scorsese dépeint non seulement les années les plus noires de la grande dépression, mais aussi le syndicalisme américain réprimé avec une violence intolérable et ouvertement considérée comme du bolchevisme. Son film a aussi un petit goût de défense des libertés.

22
mai

RosebudCinq jeunes et jolies jeunes filles à bord d’un fabuleux yacht sont kidnappées par des terroristes arabes. Les filles sont placées nues devant des caméras pour une demande de rançon originale : le film devra être diffusé tel par toutes les télévisions du monde ou une fille sera exécutée… Les services secrets israéliens s’en mêlent. Ça commence mal : les filles sont jeunes et jolies, les terroristes arabes et les agents israéliens. C’est d’une originalité… Pour un peu on se croirait en plein SAS. Et puis non. Bien que le sujet soit un peu tordu et beaucoup propre à alimenter les polémiques sur le fondement du pourquoi du comment, on ne s’en sort pas si mal. Grâce aux deux scénaristes Paul Bonne Carrère de Paris Match (ex) et Joan Hemingway de Newsweek. Grâce surtout à Otto Preminger qui reste le réalisateur du sublime «Laura», du très énormément moins sublime «Exodus», mais aussi de «Carmen Jones» et de «Rivière sans retour». Le magique Peter O’Toole, qui ne s’est jamais remis d’avoir incarné Lawrence d’Arabie, fait ce qu’il peut pour rendre son personnage crédible, mais ses yeux sont toujours noyés dans un désert intérieur. Quant à Isabelle Huppert, elle faisait, avec «Rosebud», ses premiers pas dans la production américaine. Pas si mal.

Boléro

BoléroBo Derek, oh ! Que vous avez un beau… Derek ! Plaisanterie facile. Mais que dire à propos d’un film qui défie aussi ouvertement la critique. «Boléro», est-ce du cinéma ou simplement de la belle photographie pour magazines coquins sur papier glacé style Playboy, Penthouse ou Lui ? Est-ce un film ou un écrin propice à montrer les charmes et le physique avantageux de Mme Bo Derek, tout en restant dans les limites de l’érotisme (de pornographie, nenni !). Est-ce un film ou une simple idée de départ ? Car le cinéma de John et Bo Derek affiche toujours un côté clin d’œil. Après le mythe de « Tarzan » revu et corrigé (où Jane la virginale violait littéralement le musclé Tarzan pour connaître l’amour), voici «Le cheik» et «Arènes sanglantes» (deux classiques avec Rudolph Valentino) révisés. La belle Bo, toujours aussi virginale, riche héritière américaine des années 20, jette sa petite culotte sitôt sortie du collège et s’envole vers l’Arabie pour découvrir l’amour avec un cheik qui ressemble beaucoup au beau Rudolph. Malgré ses efforts à laper le miel qu’il renverse sur le corps dénudé de la dame, le fringant Arabe s’endort avant d’arriver à ses fins. Cruelle déception pour la tourterelle en mal d’exotisme qui part se consoler en Espagne, auprès d’un torero qui ressemble fort, lui aussi, à Valentino. Mais le brave tueur de taureau reçoit un coup de corne mal placé qui semble le condamner à l’éternelle abstinence sexuelle. A l’impossible, nul n’est tenu, sauf notre Bo de service qui est prête à réveiller un défunt. «Boléro» sent bon le second degré et les ébats érotiques ne sont pas désagréables à regarder… mais le film de John Derek manque du plus élémentaire tempo. Ça traîne dans l’aventure comme au lit. Toute la différence entre animer des images et faire un vrai film. Et on peut déjà imaginer Grand Ma Bo, dans une bonne décennie, toujours aussi virginale, partant une nouvelle fois dans un coin exotique de la planète afin de trouver, pour la millième fois, le grand amour. La loi des séries, sans doute.

11
mai

Le vagabond des mersDeux frères décident de laisser la chance choisir à leur place lequel des deux quittera le village de Ballantrae pour lutter en faveur du prince Charles d’Angleterre en 1745. Mais la fougue, la jeunesse, la passion aussi feront oublier certains serments… Car au jeu de pile ou face, le beau James alias Jamie (Errol Flynn) laissera une fiancée éplorée mais fidèle comme dans les films. «Le vagabond des mers» est tiré du roman de Robert Louis Stevenson «Le maître de Ballantrae». Errol Flynn y est évidemment merveilleux jouant des œillades et des estocades à l’épée pour l’amour d’un pays et d’une lady. Grandiose.

Opération green ice

Opération green icePrenez un décor exotique la Colombie, par exemple. Non seulement la pampa environnante (où peuvent se cacher quelques guérilleros), mais aussi le centre de Bogota avec une tour ultramoderne (dont le dernier étage abrite un coffre hyper-perfectionné et réputé inviolable). Prenez ensuite une brochette de petits noms qui ont leur carrière derrière eux (Ryan O’Neal et Omar Sharif) ou leur avenir devant eux (la bien jolie et bien talentueuse Ans Archer). Prenez enfin les habituels ingrédients du film d’aventures (courses poursuites, chasses à l’homme, bagarres, coups de feu, etc.) et du thriller de hold-up (le coffre et les perceurs). Pour que le public suive et participe à ce parcours du combattant hautement technologique entre les gadgets de sécurité et les signaux d’alarme, il faut que les voleurs «volent» au secours de la bonne cause… Pour son premier film, Ernest Day n’a pas fait dans l’audace. Son film est ce qu’on appelle un «fromage» ou une «cuisine». On y met tous les ingrédients pour que ça marche. Le résultat, sans surprise et trop aseptisé, finit par manquer sérieusement de goût. Surtout au moment du retour de la «grande aventure» Spielbergienne. Une fois que l’on a conscience des limites de ce divertissement pour soirs de grande fatigue, on peut regarder ce petit film – honnêtement concocté – sans déplaisir.

20
avr

Thierry Le LuronPlus acide que lui, tu meurs ! Thierry Le Luron, non content de brocarder nos ministres et nos stars au théâtre du Gymnase (où il triomphe depuis un an), sort une cassette qui regroupe les meilleurs extraits de son spectacle. Nous l’avons soumis à la question. Et il n’hésite pas à régler quelques nouveaux comptes.

Quels souvenirs gardes-tu de ta nuit de noces avec Coluche ?

Un énorme souvenir. Mais nous n’avons pas consommé, c’est un mariage blanc, un mariage d’humour.

M. Glandu paye-t-il sa redevance magnétoscope ou bien a-t-il acheté son appareil sous un faux nom ?

Il n’a rien déclaré du tout… M. Glandu fraude, c’est combines et système D, comme pendant la guerre, délation, lettres à la Gestapo, adresses des Juifs et indication du plan des FFI !

Préférerais-tu passer une nuit avec Mourousi ou avec un nageur de combat ?

Ni l’un ni l’autre, je trouve que Mourousi est assez tarte, quant aux nageurs de combat, ils sont tellement peu discrets… Je préfèrerais Stéphanie de Monaco.

A ce propos, qui a le plus de grâce, Stéphanie ou Caroline ?

Pour répondre sérieusement, je dirai que Stéphanie ressemble plus à sa mère, Caroline à son père. Elles sont le charme et la grâce personnifiées toutes les deux et je les adore.

Est-ce que tu connais ton signe astrologique chinois ?

Non, je ne sais pas. Je suis né en 52. Mais j’avais lu ça une fois dans un journal et c’était tout à fait ça.

Est-ce que d’une manière générale tu t’intéresses à l’astrologie et à la voyance ?

Pas à la voyance, non. Cela dit, on peut se poser des questions quand on pense au voyage catastrophique de Mitterrand à Mururoa : le Concorde est tombé en panne, on en a pris un deuxième et envoyé un troisième pour les pièces détachées, la fusée Ariane a joué les sous-marins et l’hélicoptère n’a pas décollé.., et tout ça est arrivé un vendredi 13 ! Étrange, non ?

Si tu devais faire un hit parade de l’imbécillité, qui ou quoi classerais-tu dans les trois premiers ?

Y il aurait certainement des ex-aequo. J’en avais parlé il y a longtemps avec des amis, on voulait faire le «prix-andouille» de la télévision, de la radio, etc. On ne désespère pas de faire ce prix.  Mais, personnellement, je ne donnerais pas le palmarès sans qu’on en ait décidé à plusieurs. Dans ce domaine, je vais être lâche !

Est-ce que tu comptes imiter un jour Coluche, ou est-il inimitable ?

Ah, il est tout à fait inimitable comme Raymond Devos d’ailleurs. C’est facile de faire la voix de Coluche ou de Devos, mais restituer leur humour, avec d’autres textes, sous-entendrait qu’ils seraient plus drôles que les originaux et ça serait d’une grande prétention.

Je crois que tu as pour Coluche une grande amitié et une grande estime ?

Et beaucoup d’admiration, de la gratitude aussi, pour l’ensemble de la corporation, parce qu’il a fait formidablement évoluer l’humour en France ; et je crois que c’est grâce à lui que les portes sont ouvertes et qu’on peut vraiment tout dire. Il a fait reculer les limites et les tabous.

Liberté, liberté, chérie…

Moi j’avoue que j’ai horreur des limites, c’est pas comme Laurent Fabius qui a eu l’hypocrisie de dire, le rendement de son émission avec Michel Drucker à «Champs Élysées» : «Je suis contre toute censure, mais il y a des limites». Voilà toute l’ambiguïté du Premier ministre ! J’avoue que je ne suis pas du tout anti-socialiste, mais je suis assez anti-Fabius. Le côté fils de milliardaire qui essaye de jouer les prolos, moi ça me dérange. Il planque sa Ferrari au garage pour rouler en 2 CV. Quand on rentre chez son tonton boulevard Haussmann, il n’y a rien à moins de trois milliards. Je trouve qu’après, parler du Smic, du chômage et se prétendre un leader de gauche… Pour reprendre sa phrase «il y a des limites» !

Est-ce que tu ne penses pas que certains sketches assez corrosifs peuvent être mal perçus par une certaine catégorie de ton public ?

Les gens comprennent chacun à leur niveau. Coluche aussi quand il dit des blagues racistes, il y a des gens qui trouvent ça drôle au tout premier degré. Il y a une chose dont j’ai particulièrement horreur, c’est le racisme, c’est pour ça que j’attaque Jean-Marie Le Pen, qui me fait un procès et me réclame 30 millions de centimes de dommage et intérêts. Je crois que je suis l’artiste qui aura dit les choses les plus violentes contre lui, je trouve honteux que les catholiques pratiquants soient derrière lui, parce que le message du Christ n’avait aucun rapport avec les paroles de M. Le Pen. Notamment en ce qui concerne les immigrés, les Noirs, les Arabes et les Juifs…

Thierry Le Luron2Tu es collectionneur de DinkyToys, collectionnes-tu les procès ?

Ça ne me dérange pas les procès : j’en ai eu un avec l’éditeur de Charles Trenet, et j’ai gagné, j’en ai eu un avec François Chalais, là j’ai perdu parce que ça remonte à longtemps, je parlais de ses activités pendant l’Occupation. Là, je vais avoir un procès avec le Nouvel Observateur parce que dans un article qui s’intitulait «Les Français fraudent le fisc», ils m’ont mis dedans en disant que j’achetais des appartements et des voitures de luxe avec des revenus dissimulés. C’est de la diffamation pure et simple. Ce qui fait que je vais les attaquer.

J’ai l’impression que tu apprécies plus le Ricard que le Rocard, pourtant, le Rocard met de plus en plus d’eau dans son socialisme…

Je dois dire que j’aime bien les deux. Rocard, franchement, je trouve que c’est un type très bien, j’ai eu l’occasion de lui écrire il y a longtemps et il m’a répondu. C’est le seul homme politique que je n’ai jamais attaqué. Mais, de toute façon, je suis en train de me demander si j’irai voter aux prochaines élections, parce que c’est devenu un tel flou ! La droite est de plus en plus modérée, la gauche fait un virage. Il y a des gens très honnêtes finalement, c’est les communistes qui ont dénoncé les premiers le virage à droite du PS. Seulement je me sentirais assez proche de Bergeron par exemple. Je trouve que c’est un des rares à ne pas dire de conneries. Krazuki, j’aime moins ! Mais je vois pas pourquoi il fait si peur que ça, il vit toujours avec sa maman et il a 63 ans…

A propos de Gorbatchev, qui est venu nous rendre visite, le fait qu’il soit moins âgé que ses prédécesseurs te le rend-il plus sympathique ?

Au contraire, c’est très dangereux ! Même si sa femme a l’air d’aimer St Laurent et Pierre Cardin. Il est très effrayant ce M. Gorbatchev. Je trouve que les Occidentaux sont très cons avec l’Union Soviétique. C’est chercher à apprivoiser un tigre que d’être copain avec ces gens-là. Ça me rappelle Vichy, Pétain et Laval avec les Allemands. Et la vision du drapeau rouge sur les Champs-Élysées m’a fait vomir. On voit la faiblesse d’un pouvoir au décorum qu’il emploie. Plus le régime est grotesque, plus ce décorum est théâtral. Les socialistes ont un peu baissé de ton en ce domaine, je me souviens quand j’étais au théâtre Marigny, à côté de l’Élysée, on entendait sans arrêt la sirène des motards, Mme Mitterrand avait oublié un Tampax quelque part et on envoyait quatre motards pour aller en chercher au Drugstore !

Est-ce que tu penses que la régie Renault roule mieux sur route qu’Une Renault dans les escaliers ou le contraire ?

Moi je préfère la Régine Renault ! Quant à Line, elle est en train d’essayer de sensibiliser les gens sur le Sida. Je trouve ça extra de sa part parce qu’elle n’a pas de disques à vendre, pas de livres à faire éditer. Elle le fait gratuitement à tous les sens du terme et je trouve ça sympa. Et je n’imite plus Line Renaud, ni Alice Sapritch ou Denise Fabre, car j’ai préféré perdre trois bons modèles et garder trois amies.

A ton avis, ton amie Alice Sapritch est-elle plutôt vaginale ou plutôt clitoridienne ?

Je pense qu’elle est clitoridienne, car je lui ai connu quelques amants et je ne crois pas qu’elle soit vaginale.

Dans la musique, préfères-tu Boy George, Madonna, Springsteen ou Marcel Amont ?

Springsteen, j’aime beaucoup Madonna, je pense qu’elle est très bien à poil, Boy George je le trouve un peu bidon et très laid. En revanche, Bruce Springsteen, c’est quelqu’un qui a fait des tas de chansons pour des tas de gens aux USA, il a une gueule, une voix. C’est une des plus grandes stars actuelles. Quant à Marcel Amont… c’est un Mystère.

Bernard Tapie, Président ?

Ah non ! Déjà on a le mec qui a manigancé un attentat bidon à l’observatoire contre lui-même, qui a joué les Ponce Pilate dans l’affaire Green peace, tout cela n’est pas bien reluisant, on ne va pas descendre d’un cran supplémentaire ! En un mot, Bernard Tapie je le trouve indécent.

Est-ce qu’on t’a déjà invité au «Jeu de la vérité» ?

Oui. J’irai pas. Je trouve ça indécent aussi. C’est une émission vulgaire, qui tient du voyeurisme et qui n’a d’ailleurs servi qu’une seule personne à ce jour, c’est Patrick Sabatier. Je m’élève contre la starisation des présentateurs de télévision. Il y a des gens qui commentent la pluie et le beau temps, comme Mourousi, et qui finissent par croire qu’ils sont le soleil. En l’occurrence c’est plutôt un désastre. Dans le cas de Mourousi, son talent n’est pas en cause et je le prends pour un journaliste intelligent même s’il a l’échine très souple. Mais ça me fait chier qu’il se soit marié comme le Prince Charles. Je trouve cela grotesque. Et quand il va parler de Pierre Cardin, de la nouvelle Mercedes, de MM. Poilâne ou Cacharel, du champagne Besserat de Bellefond, ce sera quoi ? Du renvoi d’ascenseur ? Il devrait y avoir des règles déontologiques plus sérieuses.

Qu’est-ce que tu lis ?

Je vais chercher Libé au kiosque des Champs-Elysées toutes les nuits vers 1 heure et demie. Avant je lisais Actuel, mais maintenant je trouve ça complètement bidon. A part ça, je lis les magazines, je lis même parfois l’Humanité dans les avions quand c’est gratuit parce que je ne voudrais pas apporter ma (modeste) contribution financière au parti communiste.

Est-ce que tu es plutôt du genre «il faut manger pour vivre» ou «il faut vivre pour manger» ?

Je suis tout à fait entre les deux. Ça fait exactement seize ans que je dîne et dépense au restaurant tous les jours. Je dois manger chez moi en moyenne quatre fois par mois. Je suis tout le temps dehors. Je vais chez Lipp en permanence, sinon j’aime bien Guy Savoy. Je suis allé une fois chez Dutournier, c’est extraordinaire. J’adore allez Wong, L’ami Louis. L’Indra, c’est ma façon de voyager et c’est moins cher qu’un billet d’avion.

Coluche fait du cinéma, Sébastien fait du cinéma. Le Luron va-t-il faire du cinéma ?

Je crois que j’ai pas grand chose à voir avec ces deux-là ! Coluche fait du cinéma, mais c’est une star et il remplit les salles, Sébastien fait du cinéma, mais il les vide ! Alors moi, disons que ce que j’aimerais bien, c’est faire du cinéma avec Coluche. Mais le jour où j’en ferai, ce sera parce que ça me plaira vraiment et que j’apporterai quelque chose.

Est-ce que tu as vu des films sympas ces temps-ci ?

J’ai vu James Bond, il y avait des longueurs et je trouve que pépé maintenant, il est fatigué… Pourquoi ils en prennent pas un plus jeune ? En plus je ne trouve pas que Roger Moore soit un comédien exceptionnel. J’ai pas vu «Mad Max» car je trouve ça beaucoup trop violent et le futur préhistorique me fait chier. J’irai sans doute voir Serrault et Rampling dans leur dernier film car ils sont tous les deux fascinants, et pour moi Serrault est le plus grand acteur actuel. C’est un fou. Un vrai fou, je veux dire, digne de l’asile, mais il est génial. J’aime aussi beaucoup Depardieu. J’ai d’ailleurs vu «Police» et je pense que Sophie Marceau sera une très grande actrice. Avant je la prenais pour une conne, mais j’ai changé d’avis… «Police» c’est le meilleur film que j’ai vu cette année, parce qu’on a l’impression que c’est la réalité. Tout sonne vrai. Est-ce que tu es abonné à un vidéoclub ? Oui, même à plusieurs. Généralement, je vais chercher des films pour le week-end, mais je n’ai jamais le temps de les voir, ce qui fait que je les garde, je les rends un mois après et je paye des sommes astronomiques !

Est-ce que tu es sensible à la publicité ?

Je la regarde rarement, mais je trouve que Sapritch est très bien dans son Jex four. En fait j’aime la pub qui fait rire, je trouve que les créateurs français ne sont pas loin d’être les meilleurs au monde, tant que ça ne leur tombe pas sur la tête, comme pour Séguéla, où la mégalomanie se substitue au talent. A part ça, j’aime pas la publicité mensongère, par exemple lorsque les produits vantés s’avèrent être de mauvaise qualité.

En cas de naufrage ou d’incendie, tu sauverais en priorité une tortue, une bouteille de Château Pétrus ou un exemplaire du manifeste des droits de l’homme ?

Le Pétrus. De préférence un 70…

Est-ce que tu comptes prendre une bonne cuite le 31 décembre 1999?

Oui, certainement. Pour moi toutes les occasions de prendre une cuite sont bonnes ! J’aime beaucoup le vin d’ailleurs, parce que c’est la nature et le travail de l’homme. Le climat du Médoc ou du St-Emilion c’est quelque chose d’inouï. C’est un art de vivre. Je suis très épicurien et je pense foncièrement que lorsqu’on est riche, il vaut mieux acheter un vignoble du bordelais qu’une île déserte…

07
avr

Grande, longiligne, elle traverse le hall de l’hôtel Lancaster, près des Champs-Elysées, où nous avons rendez-vous ce matin-là. Cette jeune femme aux yeux verts cachés derrière des lunettes foncées, les pommettes hautes, le visage piqué de taches de rousseur, les cheveux miel coupés courts, qui se love dans un fauteuil, n’est pas l’un de ses mannequins qui défilent dans les magazines de mode, l’allure d’un glaçon. Chaleureuse, cool, de bonne humeur, Charlotte Rampling ne vous fait pas le coup de la star qui attend qu’on se mette à genoux devant sa beauté. Bien au contraire, elle est d’une simplicité totale et vous met à l’aise en vous proposant de prendre un café. Cette Anglaise romantique ne sacrifie pas à la traditionnelle cup of tea. Etrange. Pas du tout. Miss Rampling, à l’exemple d’une autre British Jane Birkin, est devenue la plus française des comédiennes d’outre-Manche. Depuis une quinzaine d’années, elle vit en France un bonheur conjugal avec le compositeur Jean-Michel Jarre et leurs trois enfants. La langue de Molière, Charlotte l’a apprise dès l’âge de neuf ans. Son père, militaire de carrière, était en garnison à Fontainebleau dans les forces de L’Otan. Elle a connu l’école communale en région parisienne avant de repartir en Grande-Bretagne, durant les sixties, en plein Beatlemania. C’est d’ailleurs sous la direction de Richard Lester, le réalisateur de «Quatre garçons dans le vent», qu’elle tourne son premier long métrage «Le knack ou comment l’avoir». A 18 ans, elle baigne dans ce qu’on appelle à l’époque «le swinging London». Mais l’appel du large est fort. Au lieu de se cantonner dans la tiédeur des studios britanniques, Charlotte voyage en Iran, au Pakistan, en Afghanistan, et même dans un monastère tibétain… d’Ecosse. Un drame familial l’a frappée, le décès de sa sœur, et elle veut oublier… avant de reprendre le chemin des studios. La jeune comédienne encore inconnue réussit pourtant à se faire engager dans des productionsitaliennes comme «Le Séquestré» de Gianfranco Mingozzi (1968) et surtout «Les damnés», sous la direction du maître Luchino Visconti qui en fait la partenaire d’Helmut Berger et Ingrid Thulin dans un de ses meilleurs films. «C’est probablement avec Luchino Visconti que j’ai commencé à aimer vraiment le métier de comédienne et le cinéma en général, dit-elle. «Les Damnés» m’ont beaucoup aidée à acquérir un nom dans les milieux du cinéma européen». Les Italiens apprécient Charlotte Rampling et ils lui proposent de participer à d’autres films. En particulier «Dommage qu’elle soit une putain» de Giuseppe Patroni-Griffi (1971), «Giordano Bruno» de Giuliano Montaldo (1973) qui ne constituent pas des chefs-d’œuvre impérissables. Cette période Cinecitta (les studios de Rome) reste avant tout marquée par sa confrontation avec Dirk Bogarde, ce n’est pas un vain mot, dans «Portier de nuit» mis en scène par LilianaCavani. Un film extrêmement dur dans lequel Charlotte, soumise aux sévices sexuels de son bourreau, doit aller jusqu’au bout devant les caméras, montrant ainsi un talent que l’on ne soupçonnait pas.Charlotte Rampling Elle prouve avec « Portier de nuit «qu’elle a l’étoffe d’une star internationale et que les metteurs en scène anglais devraient mieux l’exploiter. Hélas, le cinéma britannique est au creux de la vague. Seul John Boorman l’utilise en lui confiant le rôle féminin principal de «Zardoz» face à Sean Connery. Elle tire son épingle du jeu avec l’ex-James Bond. Mais comme, décidément, elle adore bourlinguer, Charlotte accepte de travailler pour la première fois en France, en 1974, dans «La chair de l’orchidée»que réalise Patrice Chéreau. Elle donne la réplique à Simone Signoret. Charlotte ne peut s’empêcher de dire quelques mots gentils sur celle qui a quitté ce monde, notre entretien a lieu au lendemain de sa disparition. «Une grande dame du cinéma qui était gentille avec moi et me considérait un peu comme sa fille. Une professionnelle jusqu’au bout des ongles qui arrivait tôt le matin sur le plateau et en partait tard le soir». Cette expérience avec Patrice Chéreau et Simone Signoret marque un virage important dans la jeune carrière de Charlotte Rampling. Elle s’installe à Paris, ayant trouvé enfin un port d’attache. Ses choix professionnels sont d’une rigueur totale. Quand l’Amérique la réclame, elle n’hésite pas à suivre les traces d’une certaine Lauren Bacall. Atmosphère glauque et noire des films policiers. Imper mastic, regard d’acier, troublante, insaisissable, la voilà dans «Adieu ma jolie» de Dick Richards (1975). Elle séduit l’un des derniers géants d’Hollywood, Robert Mitchum. Une vieille gloire qu’elle retrouve ensuite sur la côte d’Azur pour «Jackpot» de Terence Young. Un film dont le tournage sera malheureusement interrompu pour des raisons financières au bout de quelques semaines. Yves Boisset lui offre son second film dans notre pays avec «Un taxi mauve «d’après le roman de Michel Déon. «Quand j’accepte un scénario, mon choix se fait d’abord sur la personnalité du metteur en scène et sur l’histoire qu’on me propose. En général, je m’arrange pour connaître ses films précédents, et voir la façon dont il traitera le sujet du prochain. Mais j’aime que mon personnage soit fort et qu’il existe véritablement sur l’écran». Sa réputation de perfectionniste ne constitue pas un handicap lorsque Woody Allen, him-self, lui demande d’interpréter un rôle dans «Stardust memories» (en 1979). Charlotte ne cherche pas à faire carrière, comme elle dit, et pourtant, le résultat est là. Elle tourne peu, mais bien, avec les plus grands metteurs en scène et acteurs. Nouvelle preuve, elle attend trois ans pour retrouver l’ambiance des plateaux américains à l’occasion de «Verdict»sous la direction de Sidney Lumet. Même si le rôle qu’elle joue face à Paul Newman, en brillant avocat, paraît limité, Charlotte est ravie de l’avoir tourné. «Un rôle court, mais très fort au niveau des émotions, cela me suffisait. Je ne veux pas porter un film entièrement sur mes épaules. C’est une priorité dans mes choix». Revenue dans sa tanière de Croissy, près de la capitale, Charlotte ne se consacre pas uniquement à sa vie de mère de famille. Elle reste disponible pour les metteurs en scène qui continuent à lui envoyer quantité de scénarios. Elle rencontre Claude Lelouch pour «Viva la vie», avec Michel Piccoli, Anouk Aimée, Jean-Louis Trintignant, et c’est une bonne surprise. Elle a aussi étonné en acceptant de jouer dans «Tristesse et beauté» d’une nouvelle venue à la mise en scène, Joy Fleury. Elle a pris des risques pour cette adaptation cinématographique du roman japonais de Kawabata, puisque le film n’a pas obtenu de succès commercial. Qu’importe, son statut de star n’est pas en cause. Elle ne le regrette pas. Charlotte Rampling obéit à son instinct. Le feeling, comme on dit. Et elle n’en a certainement pas manqué lorsqu’elle a accepté de tourner «On ne meurt que deux fois». Les derniers dialogues de Michel Audiard, et une mise en scène de Jacques Deray. «L’idée d’avoir Michel Serrault comme partenaire était excitante, car je le considère comme l’égal de tous les grands comédiens avec lesquels j’ai déjà travaillé. De ce point de vue, je n’ai pas été déçue. Ensuite, j’aime énormément le personnage de Barbara. Fascinante, diabolique, rieuse, en contradiction perpétuelle. Un personnage cinématographique qui ne me ressemble pas dans la vie…» Après «On ne meurt que deux fois», Charlotte Rampling s’est lancée dans une autre aventure avec «Max, my love» que réalise, aux studios de Boulogne-Billancourt, le Japonais Nagisa Oshima (auteur de «L’empire des sens» et de «Furyo») : «Je suis amoureuse d’un singe. Je ne vous livrerai aucune autre information». A 39 ans, Charlotte Rampling semble désireuse de ne pas se laisser enfermer dans un genre cinématographique. Elle déclare, au contraire, être intéressée par les diverses facettes des personnages que lui offre le cinéma.

27
mar

Il sévit sur Europe 1, il sévit sur Canal + … et il va sévir en vidéo. Paul Lederman et Claude Mutinez, ses producteurs, ont concocté la cassette du siècle, une compilation explosive de ses sketches les plus délirants et les plus impertinents. Belle occasion, pour notre plus jeune journaliste, Céline, de rencontrer ce fou génial nommé Coluche que les psychiatres de France recherchent pour lui voler sa médecine antistress.

Coluche«Ce soir, rendez-vous Coluche, 18 heures». Ces paroles résonnent dans mes tympans comme une formule magique. Aussi énervée que si j’avais bu un litre de Nescafé, je débarque dans les studios d’Europe 1 du haut de mes 1,63 m talons inclus. J’ai ouï-dire que lorsque M. Colucci n’est pas dans son bon jour, il n’est pas très conciliant pour les interviews. On verra bien… Je pénètre dans une grande pièce, qui me sépare d’une vitre de celui que j’attends : Coluche en personne. J’assiste à la fin de son émission sur Europe 1, morte de rire.., et de trac en même temps. Enfin, vers 18 heures, il sort de son aquarium et me conduit dans un bureau ; il a l’air relax. J’enclenche mon magnéto Sony et me saisis fébrilement de mon questionnaire. C’est parti ! On attaque la première question.

Je viens de voir ta cassette vidéo, tu sais, qui regroupe plein de sketches. Des anciens et des nouveaux, même certains inédits. C’est vraiment à crever de rire. Tu l’as vue ?

Non, mais je connais un peu, c’est moi qui ai écrit toutes les conneries. En vidéo, ça doit bien passer… Faut faire de la pub !

Voilà, c’est fait. La cassette est dans tous les bons vidéoclubs et dans certaines pharmacies spécialisées dans les antidépresseurs. Bon. Comptes-tu remonter sur scène ?

La Seine ? Oui, la Loire aussi, mais surtout la scène… Dans un an, c’est prévu.

En tant qu’acteur, t’as des films en projet ?

Je vais faire un film bientôt, qu’on tournera cet été et qui sortira en octobre. . Ça s’appellera « Autodéfense» et qui traitera d’une manière comique, un sujet sérieux. Voilà. C’est l’histoire de commerçants qui ont un pavillon en banlieue et qui cherchent à le défendre contre les agressions extérieures.

Côté chanson, est-ce que, comme beaucoup d’artistes, tu as l’intention d’enregistrer un disque ?

Non, j’ai commencé chanteur, mais je ne pense pas que je finirai chanteur.

Tu n’en as plus l’envie ?

Non, mais… c’est ce que je fais de moins bien dans l’ensemble.

Cette histoire de mariage avec Thierry Le Luron, comment ça s’est fait ?

C’est les sentiments qui commandent, hein. Ça faisait longtemps qu’on s’aimait, qu’on était fiancés. Nos premiers rapports remontent à 78 dans une roulotte lors d’un gala à Chalon-sur-Saône. On s’était changés ensemble et on s’est retrouvés tout nus, ce fut le coup de foudre et on a gardé le projet de se marier un jour, d’authentifier notre union à la face du monde. Au «Jeu de la vérité» on m’a demandé une fois si j’avais eu des rapports homosexuels, j’ai dit oui, et je pense qu’il faut faire de la publicité aux rapports homosexuels. Je suis content de le faire et, en plus, je le fais par amour pour lui.

Justement, à propos de ce fameux «Jeu de la vérité», finalement qu’est-ce que t’as ressenti à la fin ?

Je trouve que c’est une émission formidable pour moi ! J’ai fait deux fois de suite le meilleur score. Si on regarde bien, moi je ne vois pas qui pourrait dire une vérité qui intéresse les gens à ce point là !

Tu as des enfants ?

Oui, j’ai des enfants.

Je sais que tu as vécu beaucoup d’expériences, comment expliquerais-tu à tes enfants tout ce qui se passe sur la drogue, ou dans la vie ?

J’ai pas l’impression qu’on ait besoin d’expliquer ces choses là aux enfants. L’avantage qu’ils ont sur nous, c’est qu’ils sont nés avec les choses que nous on a eu besoin de digérer et de comprendre. Quand on est né avec des choses, on les comprend d’instinct.

Et avec les gonzesses, t’es comment ?

Avec les gonzesses, c’est quand elles veulent, y’a aucun problème. (Tout à. coup, je vois apparaître Jean-Claude Brialy dans la salle, et j’entends Coluche qui lui balance, cynique «tiens bah justement, on parlait de toi» !).

«Vous avez beaucoup de chance, me dit Brialy, parce qu’il est assez sauvage d’habitude…» Après quelques paroles échangées avec notre Coluche national, il s’éclipse, aussi mystérieux et fascinant qu’à son arrivée… Je surenchéris alors avec une autre question.

Donc, quel genre de gonzesse te plaît ?

J’aime les gonzesses sexy… Mais tu parles des gonzesses que j’aime sexuellement, ou des gonzesses que j’aime en général ?

Les deux.

Ah non, c’est pas pareil, faut faire une distinction. Physiquement, sexuellement, j’aime les gonzesses sexy, enfin «sexy» ça veut rien dire, c’est un problème de goût. Et en dehors de ça, j’aime les femmes pour les mêmes raisons que les hommes, je les aime décidées, tendres, douces, fermes et définitives.

T’es plutôt du style volage ?

Non.

Romantique ?

Non plus ! Je suis du genre… gros cochon vicelard.

Je pense qu’en 86, Chirac sera Premier ministre, en 86 ou 87, l’Assemblée va être dissoute, parce que la France sera ingouvernable, avec Mitterrand au pouvoir et Chirac Premier ministre. Soit on aura droit à des élections anticipées, soit le Président fera un référendum pour savoir si les Français souhaitent vraiment que la France soit gouvernée d’une part par un Président de gauche et d’autre part par un Premier ministre de droite. On va se marrer.

Et à propos de la vidéo, t’as un magnétoscope ?

Je regarde beaucoup de films, je loue sept films par semaine.

Quel style ?

J’aime bien les films policiers, d’action, les films pornos, évidemment, et les classiques.

T’es un fan de Marilyn Chambers ?

Je sais pas qui c’est. C’est une fille ? Je l’ai peut être déjà vue dans un film, mais je connais pas les noms. Je les reconnais pour leur cul et pour leur queue, mais je sais pas leurs noms.

Est-ce que tu as retrouvé certains fragments de ta personnalité dans le personnage de «Tchao Pantin»?

Non. C’est ça qui est intéressant, c’est d’être assez loin de soi, même au cinéma. Parce que le music-hall, la radio, la TV, c’est quand même que du Coluche, du Coluche, du Coluche. Donc, au bout d’un moment, t’as envie de varier. «Tchao Pantin», c’est un type qui est assez loin de moi.

On t’a plus ou moins comparé à Raimu, d’ailleurs, dans ce rôle.

Je trouve pas ça gentil pour Raimu, mais c’est sympa pour moi !

Qu’est-ce que tu as vu, récemment, au cinéma ?

J’y ai pas été depuis au moins un an. Je regarde surtout la vidéo.

Pourquoi, on t’emmerde dans la rue ?

Non, on m’emmerde pas, on m’accoste. Heureusement d’ailleurs pour moi que ça m’emmerde pas, sinon je serais déjà emmerdé jusqu’a dessus de la tête ! En général, je ne vais pas au cinéma parce que je me fais beaucoup chier… Alors l’avantage de la cassette, c’est que la demi-heure chiante tu la passes en accéléré et puis voilà. Mais quand t’es au cinéma, il te manque le bouton !

Et la musique ?

Ben moi, j’aime bien la musique. Mon préféré du moment c’est Billy ldol. J’aime bien Rita Mitsouko, parce qu’on dirait les Charlots. En tout cas, je resterai toujours fidèle à Elvis.

A l’école, t’étais comment ?

J’y suis allé jusqu’à 13 ans 1/2, j’ai raté le certificat d’études primaires, parce que l’expression me plaisait pas. Je voulais pas posséder un truc primaire.

Et tu déconnais ?

Ah oui, pas mal, oui ! Mais tu sais, depuis que je ne suis plus enfant, je me suis sérieusement calmé.

Ça devait être quelque chose…

Ouais, tu vois dans l’ensemble… Donc y’a un moment où ça a été très grave…

Je vais te dire, c’est vachement impressionnant de t’interviewer, moi j’ai 16 ans, et quand je me retrouve en face de toi…

Je vais te dire t’es quelqu’un de très impressionnant aussi… Je trouve que tu exagères.

Oui, mais toi tu te connais, nous on ne connait que l’image qu’on a de toi sur l’écran, sur la scène…

D’ailleurs quand les gens te regardent dans la rue, c’est comme si t’existais pas, ou alors ils s’imaginent que t’as toujours été vedette, aussi.

Je suis sûre que tu es quelqu’un de timide au fond de toi…

Non, je suis pas très timide. Tu sais les clowns tristes, la timidité refoulée au profit d’un culot monstrueux, la culture du paradoxe, je crois que c’est une légende populaire, c’est comme le trac…

T’as jamais le trac ?

Non… Je me saisis d’une cigarette et machinalement lui en propose une, qu’il dédaigne…

Tu ne fumes pas ?

Si, mais rien qui est dans le commerce…

Et en ce moment, qu’est ce que tu fais ?

Je fais Europe 1 tous les jours et Canal +, qui m’accapare quand même de 13 h jusqu’à 20 h 30, et le matin je m’entraîne un peu en moto parce que je n’ai pas dit mon dernier mot, j’ai l’intention de battre encore des records du monde.

Ah, ben oui, ça a dû être génial pour toi de battre le record ?

Ouais, c’est un truc d’enfance que j’avais toujours voulu faire.

Et tes motos, tu les rafistoles toi-même ?

Ah non, je ne suis pas qualifié pour le faire, moi. C’est pas à la portée de tout le monde de régler une moto de course qui atteint 250 km/h.

Les bagnoles, tu les collectionnes aussi ?

On pose souvent la question de savoir si je suis collectionneur, je dis toujours non, mais enfin je commence quand même à en avoir un paquet, douze ou treize.

Et Marceau, qu’est-ce que t’en penses, y’a quand même eu pas mal de bruit autour récemment…

Le mime Marceau ?

Non, Sophie !

Ah Sophie Marceau !

Par exemple, après  «Le jeu de la vérité», elle a dit qu’elle avait menti.

Je crois que je suis comme le reste des Français, j’m’en fous.

L’affaire Greenpeace, tu t’en fous aussi !

Ah, Greenpeace c’est déjà beaucoup plus rigolo ! C’est l’actualité délayée, c’est beaucoup plus amusant ! Cri n’a jamais rien su de réel et on en a quand même fait une histoire.

Comme la majorité des Français, je pense que ton mariage avec Le Luron est une parodie de celui de Mourousi, non ?

Chacun est libre de penser ce qu’il veut. Pour nous, c’est simplement parce qu’on s’aime et qu’on veut avoir des enfants.

Et vous comptez en avoir ?

Ah j’espère bien…

Tu ne prends plus la pilule alors ?

Je ne prends plus la pilule, j’ai arrêté, d’ailleurs j’enfle. Si on a une fille on l’appellera Yves. C’est Le Luron qui l’a dit.

Les interviews, dans l’ensemble, ça t’emmerde ?

C’est pas notre travail, tu comprends. Moi, on m’interroge beaucoup comme si tout d’un coup je savais plein de trucs, alors que je sais rien, des fois, de la question qu’on me pose. Je peux pas dire vingt fois de suite : «Je ne sais pas, je ne sais pas de quoi vous parlez». Et Sophie Marceau, je m’en fous.

Tu sors parfois ?

Maintenant je me suis calmé. J’ai passé quinze ans de ma vie à ne pas voir le jour. Je suis quelqu’un d’excessif. Si je me mets à sortir, je sors toutes les nuits. Quand je m’arrête, c’est pour de bon.

Tu veux tout essayer dans ta vie, en fait ?

Tu sais, la vie on n’en aura pas d’autre. J’ai la chance d’être connu, en plus.

Tu prends ton pied en choquant les gens ?

Je n’ai pas l’impression de choquer, moi. Évidemment, quand il y a une idée à émettre sur le sexe, moi je suis toujours pour que le sexe soit nu. La vieille France voudrait plutôt qu’on le cache. Moi je pense que s’ils veulent cacher leur sexe, c’est qu’ils l’ont petit.

J’ai écouté ton émission à Europe 1, et je remarque que tu y racontes beaucoup d’histoires drôles. Tu pourrais m’en raconter une que tu aimes bien ?

Bien sûr, j’en ai plein (il me sort de son tiroir une vingtaine de feuilles tapées à la machine !). Y’en a une que j’aime bien, c’est le petit gosse qui joue dans le caniveau à faire une boulette avec de la terre et de la merde. Y’a un flic qui s’approche de lui, qui dit «qu’est-ce que tu fais ?» et il répond «je fais un facteur». Le flic dit «pourquoi tu fais un facteur, tu sais pas faire les flics ?», et le môme dit «si, je sais, mais là j’ai pas assez de merde…».

07
mar

Une famille à table s’apprête à faire un banquet de champignons. Zoom avant sur la mine des convives pas vraiment rassurés quant à l’innocuité de la cueillette d’un mycologue débutant. Une voix off donne quelques conseils. Le plan suivant vous fait découvrir un clip avec une émule de Shirley Temple qui brise un petit aquarium et dont les pieds côtoient dangereusement des bouts de verres coupants… C’est un extrait de ce que vous pourrez bientôt voir dans les pharmacies et autres officines.Pharmacy Sign Télésanté est une des premières sociétés à concrétiser un accord avec JVC pour introduire la vidéo dans les pharmacies. Salamandre vous fera également découvrir les châteaux, Larousse et Nathan, l’Histoire. Tout ceci est rendu possible par le VHD (Very high density), un système de disque vidéo capacitif et interactif qui se moque des trois standards (Ntsc, Pal et Secam) puisqu’il est tricompatible. Avec une capacité de deux fois une heure et une qualité pro pour un prix très raisonnable, le vidéodisque va faire son entrée en France par le domaine institutionnel. Bien mieux que le diaporama ou le magnétoscope, il a séduit par sa souplesse et ses possibilités de connexion aux micro-ordinateurs. Affaire à suivre, que Vidéo 7 reprendra dans ses prochains numéros quand les premiers disques et les autres réalisations (jeux, éducation, etc.) seront disponibles. Le modèle proposé en France est le VHD PC de JVC avec des sorties vidéo et HF. Le son est stéréo et le VHD dispose d’une commande à infrarouge très sophistiquée qui permet tous les types d’interrogations OU d’accès aux images contenues dans le disque. Prix unitaire : 7 700 francs HT environ.

16
fév

Votre téléviseur fait des siennes. Il vous distille une dominante verte ou rouge particulièrement désagréable sur les parties d’image claire. C’est agaçant, non ? Écoutez alors ce petit cours de techniques télévisuelles. Près de deux téléviseurs sur trois, parmi les deux millions de téléviseurs couleur qui seront achetés en 1985, seront destinés à remplacer un téléviseur couleur acheté dans la plupart des cas entre 1974 et 1978. Constat, les couleurs des téléviseurs se dégradent avec le temps. L’explication technique est simple. Un téléviseur fonctionne par addition des trois couleurs fondamentales (rouge, vert, bleu) pour recréer toute la gamme chromatique. Un bon équilibre chromatique dépend d’un strict respect des mélanges de couleurs fondamentales. Pour assurer la stabilité des couleurs dans le temps, il faut avoir un bon réglage initial et le maintenir pendant toute la vie de l’appareil. La foule en délire se demande où je veux en venir. Allez, rangez vos cahiers, bandes de cancres. Le système Stabicolor, qui empêche cette détérioration des couleurs, fait désormais partie intégrante des téléviseurs commercialisés par Brandt. Le principe est le suivant : un microprocesseur assure la stabilité de l’équilibre chromatique du noir au blanc, grâce à 150 contrôles par seconde du degré d’usure du tube cathodique. Voilà, vous pourrez frimer devant vos copains. Il ne me reste qu’à vous dire que les téléviseurs Brandt disposent d’une veille automatique, d’une clef électronique, d’un réglage des chaînes par microprocesseur et d’un cadrage de l’image contrôlé par quartz. Pour le test sur vingt ans, à vous de jouer… Signalons pour conclure que sont d’ores et déjà disponibles deux modèles en 46 cm (18412T et 18420T), deux en 51 cm (20435 et 20436T), deux en 56 cm (22437T et 22439) et, enfin, deux modèles en Pal-Secam (20463T -51 cm et 22465T – 56 cm).