22
mai

Le mari de la coiffeuse «Bien entendu, je me demandais si, sous sa blouse, Mathilde posait ou non un soutien-gorge. J’eus rapidement la certitude qu’elle n’en portait pas». Cette bribe de dialogue donne le ton d’un film à marquer d’une pierre blanche après la réussite de «Monsieur Hire», Patrice Leconte aurait pu tricoter tranquillement une demi-douzaine d’adaptations de Simenon. Au contraire, aussitôt, il passe au récit intime une sorte d’autobiographie fantasmatique bâtie à partir d’un émoi d’enfant. La troublante sensualité d’une coiffeuse provinciale marque à jamais le petit Antoine, dont le seul but, le rêve de bonheur idéal, sera désormais d’en épouser une. Ce sera Mathilde, qui ne coupe pas les cheveux en quatre et se surpasse dans le shampoing voluptueux.

Il l’épouse et dès lors, le salon de coiffure sera le lieu quasi-unique de leur amour et de leurs plaisirs, dont l’érotisme ne recule pas devant les audaces il faut voir Rochefort lutiner Anna Galiena jusqu’à l’orgasme tandis que le client est aveuglé par sa serviette… Attention, ce n’est pas un «Empire des sens» de sous-préfecture! C’est la virtuosité et l’originalité du montage qui font le prix du «Mari de la coiffeuse», évocation papillonnant entre le passé et le présent, jusqu’à un dénouement surprise.

09
mai

La postière de Saint-crépin cherche un mari. Sa campagne d’affichage sur les troncs d’arbres ne donne rien. Le curé, son confident, lève les yeux au ciel. Sortie du confessionnal, à qui parler, sinon à sa copine Germaine, qui exerce au village le plus vieux métier du monde? Le problème de Mado c’est son physique, et surtout son poids. N’empêche qu’elle rêve, et plus que jamais, lorsqu’un inconnu débarque à l’hôtel du coin. Un cinéaste rancart qui s’obstine depuis quinze ans sur un scénario poussif… Jean-Marie éblouit Mado, main c’est un jeu cruel qui commence. Cette chronique campagnarde, située en Franche-Comté, pourrait se dérouler dans la Russie de Tchekhov pas étonnant, son réalisateur vient de Moscou. Conte mi-tendre mi-naïf « Mado poste restante» dépeint une humanité pétrie de faiblesses, de travers et de mesquineries. Tableau d’un « petit monde » qui doit beaucoup à la composition de la Canadienne Marianne Groves, qui ne manque pas d’épaisseur… humaine. Isabelle Gélinas joue gentiment la pute au grande coeur.

58 minutes pour vivre

58 minutes pour vivreDans l’aéroport de Washington, John McClane attend l’avion de son épouse lorsqu’il remarque l’étrange ballet d’hommes communiquant discrètement par radio. Intrigué, John suit deux d’entre eux jusqu’au sous-sol. Les inconnus ouvrent le feu. Après un sanglant échange de tirs, le policier tente de convaincre les autorités de l’aéroport qu’un attentat se prépare. Bientôt, le groupe de mercenaires éteint les signaux lumineux des pistes et coupe toutes les communications entre la tour de contrôle et les avions. Dans l’un d’eux, un gros bonnet de la drogue. extradé vers les Etats-Unis, attend d’être libéré par le fameux commando, impitoyable et brillant. Les passagers des autres avions n’ont plus que 58 minutes à vivre. Seul John McClane peut les sauver… La suite du remarquable « Piège de cristal» est mise en scène par Penny Harlin («Frontière interdite» – inédit vidéo sorti chez UGC, «Prison», «Le cauchemar de Freddy») qui signe là un film d’action très efficace, peut-être un peu moins prenant que son prédécesseur, mais fort bien ficelé. L’action est rondement menée et filmée, Bruce Willis s’en donne à cœur joie (voir article par ailleurs) et les méchants sont vraiment… méchants. Ce film a tout pour séduire les fans de bon cinoche d’aventures avec suspense incorporé. L’affiche de «Piège de cristal » avait fait perdre au film une belle clientèle que ce «58 minutes pour vivre» va prendre et ne plus lâcher. En attendant un troisième épisode sûrement déjà en préparation…