24
juil

Je hais les acteursLe décor : Hollywood, du temps de ses strass et de ses stress ! L’intrigue l’assassinat de trois acteurs, lors du tournage d’un film : «Le fils du destin». Les protagonistes : un producteur (Bernard Blier), un agent artistique (Jean Poiret), un fakir (Michel Blanc), une star (Pauline Lafont), un lieutenant de police (Guy Marchand), un journaliste (Jean-François Stevenin), un réalisateur (Wojtek Pszoniac), un acteur sur le retour (Michel Galabru), un scénariste (Patrick Floersheim), une secrétaire (Dominique Lavanant), etc. Maintenant vous pouvez oublier l’intrigue (elle n’est qu’un prétexte) et plonger dans le décor pour s’ébahir, rire et s’amuser, regarder ces merveilleux numéros d’acteurs. Vous en aurez jusqu’à plus soif. Et leur bonheur à jouer cette histoire, tirée du roman de Ben Hecht, est si grand et si communicatif qu’on se surprend à avoir délicieusement la chair de poule, tellement on aime leurs cabotinages et leurs truculences: Quand les acteurs jouent les acteurs avec autant de talent, le cinéma est encore plus magique. Le réalisateur Gérard Krawczyk, qui en est à son premier coup de main, a un sacré coup de patte. En signant à la fois le scénario, l’adaptation et les dialogues, en démontrant sa tranquille et sûre maîtrise de la mise en scène, il franchit paisiblement la porte pour entrer dans le club des grands. Son «Je hais les acteurs» est à mourir d’aimer. Et de rire.

P.S. Ce film a reçu le Prix Michel Audiard au cours du Festival de Deauville 1986.

Autour de minuit

Autour de minuitEn 1959, un des rois du be-bop, le sax-ténor Dale Turner, décide de quitter New York pour Paris où il a triomphé quinze ans plus tôt. Rongé par l’alcool et les préjugés raciaux, Turner (qui approche la soixantaine), décide de tenter sa dernière chance dans la capitale française où il se produit au «Blue Note», lieu de ses précédents exploits (et succès). Là il y rencontre Francis Borier, un jeune graphiste qui lui voue une admiration sans borne. Turner en fait naturellement son confident et son protecteur. Pour sa part, Francis essaie d’arracher le musicien américain aux démons qui le rongent. Tourné plus de deux ans après «Un dimanche à la campagne», le nouveau film de Bertrand Tavernier constitue d’abord un bel hommage à un certain jazz de la fin des années cinquante. Musical, ce film l’est incontestablement, mais sans le côté fast-food de certaines récentes productions du même genre. Ici, tout est plus diffus et désespéré par moments. Cela renforce lé-côté exceptionnel de la relation entre le jazzman et son fan qui finit par le prendre totalement en charge. A noter l’excellente interprétation de Dexter Gordon et de François Cluzet qui campent ces personnages si étonnants de justesse.