25
juin

Vive la vidéo quand elle nous permet de découvrir de petites séries B, depuis longtemps oubliées après une rapide sortie en salles ! Cet «Africa Texas style» est le dernier film d’un cinéaste réputé pour bien filmer les scènes d’action. Il fut d’ailleurs directeur de seconde équipe sur des films aussi prestigieux que «Ben Hur», «Les 55 jours de Pékin», «Cléopâtre», «La chute de l’Empire romain» et même coréalisateur du «Jour le plus long». Ses films personnels sont nettement moins brillants, mais montrent le plus souvent un goût pour les grands espaces.Africa Texas style On comprend qu’il ait choisi (ou accepté) de réaliser cette histoire très délirante de deux cow-boys arrivant en Afrique pour capturer au lasso les buffles, zébus et autres gazelles afin d’en faire des bêtes d’élevage qui permettront de réduire la famine sur le continent africain. Autour de ces deux cow-boys (dont l’un est d’ailleurs un Indien), se greffe toute une série d’histoires aussi naïves. La tribu Masaï, sauvage au prime abord, finit par se civiliser par admiration pour le courageux héros. La jeune et sexy scientifique tombe dans ses bras. Et le méchant de service (un propriétaire blanc) qui est prêt à tout pour que l’entreprise échoue, se fait casser la figure à la dernière bobine… Côté intrigue, donc, rien de nouveau. Mais Andrew Marton, qui avait déjà tâté de l’Afrique avec ses «Mines du roi Salomon», s’en donne ici à cœur joie. Il y a, bien sûr, quelques stock shots d’animaux sauvages (style crocodile fonçant en contre champ vers le cow-boy), mais la plupart des scènes sont tournées pour le film.., y compris ce face à face avec un rhinocéros que Hugh O’Bien (ou sa doublure, cascadeur) finit par attraper au lasso. Ça vaut le «Hatari» de Howard Hawks, tourné à peu près à la même époque. Ou vrai spectacle !

06
juin

AntarcticaCoproduit du cinéma et de la télévision japonais, «Antarctica» a fait un malheur au Japon. En France, l’accueil fut plutôt frais sauf chez les adeptes de la vie des animaux. A part ceux-là, la banquise, la neige et l’épopée de la première expédition antarctique japonaise en 1958 ne fait pas vraiment frémir le public français. Pourtant, le film est très beau même s’il est loin, très loin de s’apparenter à Kurosawa, le géant inaccessible. On s’attarde beaucoup, dans «Antarctica», sur le destin de deux rescapés de l’expédition, Taro et Jiro. Ceux-là vont survivre pendant un an sur la banquise tandis que leurs compagnons meurent un à un. Taro et Jiro sont des chiens de trumeaux et de loin les meilleurs acteurs du film. Et c’est vrai que leurs retrouvailles à l’eau de rose avec leurs maîtres auraient de quoi faire pleurer même un iceberg.

Boxcar BerthaBoxcar Bertha

«Boxcar Bertha» est le second film de Martin Scorsese. En 1972, le réalisateur de «New York, New York» et «Taxi driver» n’avait pas une telle cote d’amour auprès des producteurs. Il débutait et, comme beaucoup d’autres (Coppola et Bogdanovich entre autres), Corman lui a donné sa vraie première chance… tout en l’exploitant un peu, ce qui est de bonne guerre. La mode était aux biographies de grands criminels, dans les Studios Corman… Scorsese donnera donc dans le genre, mais tout en parlant de ces paumés et marginaux qu’il aime bien, Bertha et ses amis terrorisent les États-Unis, au cœur des années 30. Mais Scorsese parle avant tout d’une révoltée contre la société (à la suite de la mort tragique de son père par la faute d’un patron) et d’un militant syndicaliste. Son film se veut une ballade tragique. Côté spectacle, on retrouve dans «Boxcar Bertha» le romantisme désespéré et violent de «Bonnie and Clyde» et le décor de misère sociale et violence des chemins de fer de «L’empereur du Nord» de Robert Aldrich. Mais Scorsese a su y ajouter une jolie tendresse pour ses personnages. Il a eu la chance de trouver une interprète étonnante : Barbara Hershey, que l’on reverra dans «Le diable en boîte» de Richard Rush ou  «L’emprise» de Sidney J. Furie. A la fois volontaire et fragile, sensuelle et énergique, elle est Boxcar Bertha ! A travers elle, Martin Scorsese dépeint non seulement les années les plus noires de la grande dépression, mais aussi le syndicalisme américain réprimé avec une violence intolérable et ouvertement considérée comme du bolchevisme. Son film a aussi un petit goût de défense des libertés.