04
juil

QuilomboL’épopée de la colonisation de l’Amérique du Sud fut, on s’en doute, une suite barbare de massacres et de boucheries. L’histoire vraie de Quilombo n’est pas oubliée au Brésil, ce pays qui n’était encore qu’un vaste contré lorsque les Portugais s’y installèrent au 16 ème siècle. Les Indiens préférant mourir sur place plutôt que de travailler, les conquérants sont obligés d’aller capturer, en Afrique, des Noirs qui serviront aux travaux pénibles. Un groupe de ces esclaves se révolte et, commandé par un certain Ganga Zumba, va se réfugier à Quilombo, où une société idéale et harmonieuse est fondée par les évadés. Ganga Zumba en devient le chef, dans l’indifférence des Portugais occupés à guerroyer ailleurs contre les Hollandais… Cette guerre achevée, ils décident d’en finir avec Quilombo ; le terrible affrontement va commencer, d’autant plus dramatique que les rebelles sont divisés entre eux, hésitant entre la négociation avec les Portugais et la résistance à tout prix… Cette fresque historique est traitée par Carlos Diegues comme un poème lyrique, enrobé de la mélodieuse musique brésilienne de Gilberto Gil et Walid Salomao…

Le maitre chinois

Le maitre chinoisUn Jackie Chan d’avant la période américaine. Ça se bat… euh pardon, ça combat beaucoup. Et on a l’impression d’avoir vu le film dix fois déjà. Pourtant les «Kung fu» de Jackie Chan sortent du raz de marée de productions médiocres qui submergent les écrans internationaux… Non pas pour la qualité particulièrement spectaculaire, mais par leur humour. Dans «Le maître chinois», il n’y a presque pas de scénario.., ou, plus exactement, une histoire prétexte à combats. Il n’y a pas, non plus, de personnages, mais seulement des clichés de «bons» ou de «méchants». Cependant il y a un acteur : Jackie Chan. Physiquement, il n’a rien d’un Adonis. Il n’a pas le charme sauvage d’un Bruce Lee, par exemple. Mais Jackie Chan est un authentique comédien qui sait se servir de sa physionomie pour exprimer des émotions. Il suffit de voir les autres karatekas qui l’entourent, grands sportifs, mais piètres acteurs. Jackie Chan pratique l’autodérision avec une certaine habileté. Dans «Le maître chinois», il est un jeune élève d’une école de Kung fu, fort indiscipliné. Pour lui apprendre à vivre, il est envoyé, contre son gré, faire ses classes auprès d’un vieux maître aux méthodes peu orthodoxes et qui ne trouve le degré de concentration nécessaire à son art que lorsqu’il a ingurgité une grande quantité d’alcool… Le film est donc l’histoire d’un apprentissage permettant une victoire finale sur le méchant de service. Mais le film de YuenWoo Ping montre que la suprématie dans le combat ne réside pas dans la force physique, mais dans l’expérience. Un vieil homme expérimenté peut venir à bout d’un jeune et vigoureux colosse tout en muscles. Voilà qui est rassurant pour l’avenir !