5 questions à Bernard Chevry

Après vingt-deux ans de règne sans partage, Bernard Chevry vient de vendre, pour 50 millions de francs, sa société Midem Organisation à la filiale française du groupe de communication britannique TVS. Il explique les raisons de cette tractation.

Bernard ChevryLa proposition du groupe anglais n’était sûrement pas la première. Pourquoi avoir accepté celle-là plutôt qu’une autre?

C’est vrai que depuis de nombreuses années les propositions de rachat se sont succédées sur mon bureau. J’ai choisi ce groupe anglais parce que ses responsables sont dynamiques, qu’ils ont la même vision de l’organisation que moi, et qu’ils souhaitent poursuivre la politique que j’ai mise en place depuis plus de vingt ans. J’en veux pour preuve qu’ils m’ont demandé de rester à la tête du Midem Organisation pendant encore trois ans avant de devenir leur consultant privilégié.

Ont-ils des projets à court terme que vous pourriez mettre en œuvre ?

Pas exactement. Nous allons développer un projet que j’ai depuis longtemps. Il s’agit de mettre en place une banque de données de programmes. En ce qui concerne les salons, nous nous en tiendrons au lancement du Sponcom et du Midart, manifestations prévues depuis de longs mois. Pour conclure, je veux juste insister sur le fait qu’il s’agit simplement d’un changement du capital et que la structure et les objectifs du Midem Organisation sont toujours les mêmes.

Vous restez donc le «maître» de Cannes pour encore trois ans ?

Nous allons même plus loin. Le 1erjanvier 86, j’ai signé un accord avec la ville de Cannes pour cinq nouvelles années. Je conserve, de toute façon, la société Cannes Organisation, prestataire de service en ce qui concerne l’hébergement, la technique, l’édition de guides et de news pour toutes les manifestations qui se déroulent sur la Croisette.

L’actualité, c’est le Mipcom qui se déroule du 17 au 21 octobre. Y a-t-il des innovations cette année ?

Nous avons prévu 40 à 45% de surface d’exposition de plus que l’an passé. Toutes les firmes anglaises, qui nous avaient boudés l’année dernière, seront présentes ainsi que les sociétés américaines. Nous comptons sur la présence de 800 acheteurs, 4 000 participants, et 295 sociétés ont d’ores et déjà signé pour prendre un stand.

Le Sponcom a lieu en novembre, le Midart en mars 87, deux nouveaux salons qui représentent un nouveau challenge pour vous. De quoi s’agit-il ?

Le Sponcom concerne d’abord toutes les sociétés qui font déjà du sponsoring, qui souhaitent se diversifier sur le plan international et enfin faire des alliances avec d’autres sponsors. D’autre part, ce salon intéresse tous les gens qui cherchent des sponsors pour des opérations culturelles, sportives, humanitaires et scientifiques. Plus d’une cinquantaine de sociétés et organismes ont donné leur accord. Citons Apple, Canal+, Cartier, Crédit Lyonnais, Elf Aquitaine, Hachette ou l’Opéra de Paris pour exemples. Le Midart, premier Marché international de la gastronomie et des arts de la table, permettra de créer un grand courant d’échanges entre les chefs, les restaurateurs, les créateurs et les producteurs du monde entier. Je crois beaucoup à ces deux manifestations, et vous savez que je ne me trompe pas souvent…

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