06
juin

AntarcticaCoproduit du cinéma et de la télévision japonais, «Antarctica» a fait un malheur au Japon. En France, l’accueil fut plutôt frais sauf chez les adeptes de la vie des animaux. A part ceux-là, la banquise, la neige et l’épopée de la première expédition antarctique japonaise en 1958 ne fait pas vraiment frémir le public français. Pourtant, le film est très beau même s’il est loin, très loin de s’apparenter à Kurosawa, le géant inaccessible. On s’attarde beaucoup, dans «Antarctica», sur le destin de deux rescapés de l’expédition, Taro et Jiro. Ceux-là vont survivre pendant un an sur la banquise tandis que leurs compagnons meurent un à un. Taro et Jiro sont des chiens de trumeaux et de loin les meilleurs acteurs du film. Et c’est vrai que leurs retrouvailles à l’eau de rose avec leurs maîtres auraient de quoi faire pleurer même un iceberg.

Boxcar BerthaBoxcar Bertha

«Boxcar Bertha» est le second film de Martin Scorsese. En 1972, le réalisateur de «New York, New York» et «Taxi driver» n’avait pas une telle cote d’amour auprès des producteurs. Il débutait et, comme beaucoup d’autres (Coppola et Bogdanovich entre autres), Corman lui a donné sa vraie première chance… tout en l’exploitant un peu, ce qui est de bonne guerre. La mode était aux biographies de grands criminels, dans les Studios Corman… Scorsese donnera donc dans le genre, mais tout en parlant de ces paumés et marginaux qu’il aime bien, Bertha et ses amis terrorisent les États-Unis, au cœur des années 30. Mais Scorsese parle avant tout d’une révoltée contre la société (à la suite de la mort tragique de son père par la faute d’un patron) et d’un militant syndicaliste. Son film se veut une ballade tragique. Côté spectacle, on retrouve dans «Boxcar Bertha» le romantisme désespéré et violent de «Bonnie and Clyde» et le décor de misère sociale et violence des chemins de fer de «L’empereur du Nord» de Robert Aldrich. Mais Scorsese a su y ajouter une jolie tendresse pour ses personnages. Il a eu la chance de trouver une interprète étonnante : Barbara Hershey, que l’on reverra dans «Le diable en boîte» de Richard Rush ou  «L’emprise» de Sidney J. Furie. A la fois volontaire et fragile, sensuelle et énergique, elle est Boxcar Bertha ! A travers elle, Martin Scorsese dépeint non seulement les années les plus noires de la grande dépression, mais aussi le syndicalisme américain réprimé avec une violence intolérable et ouvertement considérée comme du bolchevisme. Son film a aussi un petit goût de défense des libertés.