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Avr

C’est un film noir de 1945, tourné en noir et blanc, qui dure 68 minutes et qui est toujours resté inédit en France. Une véritable série B, tourné avec très peu de moyen et des comédiens peu connus, dont vous n’oublierez jamais la gueule. Une histoire comme on les aime de folie et de mort. Un pianiste d’une de nuit boîte de nuit de New York traverse les Etats-Unis en stop pour rejoindre sa fiancée échouée à Hollywood. Sur la route, le destin prend le visage d’un conducteur qui fait monter le pianiste, l’invite à dîner et meurt après d’une crise cardiaque. Sans argent, presque un clochard, le musicien est sûr d’être accusée de meurtre. Il vole la voiture et les vêtements du mort et prend, à son tour, une auto-stoppeuse. Elle sait que c’ est un imposteur.

Les portes de l’enfer s’entrouvrent. Très peu de plans, une voix off pour relier les événements, un montage bouclé en trois jours et demi. Et pourtant, tout passe : le sentiment de fatalité, la poisse, l’obsession et l’impression dérisoire que le destin peut vous briser en une minute. Comme l’écrit Barry Gifford (auteur de («Sailor et Lula »), dans ce film, même la lumière du jour est trouble et malsaine. A des années-lumière du cinéma brillant et spectaculairement vide d’aujourd’hui, une œuvre qui vous hantera. La lumière rallumée vous serez contents que le cauchemar soit terminé.