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Mai

Le mari de la coiffeuse «Bien entendu, je me demandais si, sous sa blouse, Mathilde posait ou non un soutien-gorge. J’eus rapidement la certitude qu’elle n’en portait pas». Cette bribe de dialogue donne le ton d’un film à marquer d’une pierre blanche après la réussite de «Monsieur Hire», Patrice Leconte aurait pu tricoter tranquillement une demi-douzaine d’adaptations de Simenon. Au contraire, aussitôt, il passe au récit intime une sorte d’autobiographie fantasmatique bâtie à partir d’un émoi d’enfant. La troublante sensualité d’une coiffeuse provinciale marque à jamais le petit Antoine, dont le seul but, le rêve de bonheur idéal, sera désormais d’en épouser une. Ce sera Mathilde, qui ne coupe pas les cheveux en quatre et se surpasse dans le shampoing voluptueux.

Il l’épouse et dès lors, le salon de coiffure sera le lieu quasi-unique de leur amour et de leurs plaisirs, dont l’érotisme ne recule pas devant les audaces il faut voir Rochefort lutiner Anna Galiena jusqu’à l’orgasme tandis que le client est aveuglé par sa serviette… Attention, ce n’est pas un «Empire des sens» de sous-préfecture! C’est la virtuosité et l’originalité du montage qui font le prix du «Mari de la coiffeuse», évocation papillonnant entre le passé et le présent, jusqu’à un dénouement surprise.