Recherche Simone désespérément

Elle n’était plus vraiment une star. En tous cas pas au sens de Marilyn ; ni jeune ni belle. Et comme elle ne s’est pas supprimée comme certaines, comme elle ne s’est pas non plus refusé à vieillir sous l’œil cruel des sunlights, elle nous a renvoyé à la gueule son image bouffée par le temps, les années, la vie tout simplement. Et si cette image ne paraissait pas digne de figurer dans les catalogues de mode, elle était l’expression d’une autre beauté, intérieure, et d’une espièglerie manifeste. Les yeux, eux, son restés sublimes avec le temps. Le regard de Signoret n’a pas bougé, elle a le même qu’à vingt ans. Ceux qui savent lire entre les rides l’ont toujours su. Simone Signoret aborde la carrière cinématographique en 1943 avec «Les visiteurs du soir» de Marcel Carné. Mais c’est «Macadam» de Marcel Blistère qui la révèle en 1946, c’est aussi l’année de son mariage avec Yves Allégret, dont elle aura une fille, Catherine. En 1949, c’est la rencontre avec Montand. A cette époque, Simone Signoret enchaîne film sur film, de «Dédée d’Anvers» (1946) à «Casque d’or» (1952) en passant pas «Les diaboliques» (1954), «Thérèse Requin» (1953) ou «Les chemins de la haute ville» en 1958 pour lequel elle reçoit un Oscar d’interprétation aux États-Unis. Elle est du reste la seule actrice française à avoir reçu cette récompense. En tout, une cinquantaine de films pour le cinéma jusqu’en 1981 avec «12étoile du Nord» de Granier-Deferre. Dans les films les plus récents, Simone Signoret n’a pas hésité à tirer parti de ses faiblesses. Ainsi dans «La vie devant soi», elle est une madame Rosa vieillie de dix ans. Dans «Le chat» elle est Clémence, une ancienne acrobate infirme physique ment et moralement, bouffie d’alcool et de malheur. Et puis, parallèlement à sa carrière cinématographique, Simone Signoret prend le temps de combattre pour toutes les bonnes causes. Avec Montand, Signoret a régulièrement profité de son influence médiatique pour passer les messages les plus divers concernant la liberté, les droits de l’homme, pour évoquer le cas de tel prisonnier politique injustement condamné, alors qu’on lui demandait de parler d’elle, de son dernier rôle, de son dernier livre. Car Simone Signoret écrivait. «La nostalgie… » et «Adieu Volodia» annonçaient le troisième souffle Signoret. Le premier, c’était le cinéma. La deuxième, l’engagement et les combats humanitaires. Le troisième était celui de l’écrivain.., un souffle d’éternité.

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