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mai

RosebudCinq jeunes et jolies jeunes filles à bord d’un fabuleux yacht sont kidnappées par des terroristes arabes. Les filles sont placées nues devant des caméras pour une demande de rançon originale : le film devra être diffusé tel par toutes les télévisions du monde ou une fille sera exécutée… Les services secrets israéliens s’en mêlent. Ça commence mal : les filles sont jeunes et jolies, les terroristes arabes et les agents israéliens. C’est d’une originalité… Pour un peu on se croirait en plein SAS. Et puis non. Bien que le sujet soit un peu tordu et beaucoup propre à alimenter les polémiques sur le fondement du pourquoi du comment, on ne s’en sort pas si mal. Grâce aux deux scénaristes Paul Bonne Carrère de Paris Match (ex) et Joan Hemingway de Newsweek. Grâce surtout à Otto Preminger qui reste le réalisateur du sublime «Laura», du très énormément moins sublime «Exodus», mais aussi de «Carmen Jones» et de «Rivière sans retour». Le magique Peter O’Toole, qui ne s’est jamais remis d’avoir incarné Lawrence d’Arabie, fait ce qu’il peut pour rendre son personnage crédible, mais ses yeux sont toujours noyés dans un désert intérieur. Quant à Isabelle Huppert, elle faisait, avec «Rosebud», ses premiers pas dans la production américaine. Pas si mal.

Boléro

BoléroBo Derek, oh ! Que vous avez un beau… Derek ! Plaisanterie facile. Mais que dire à propos d’un film qui défie aussi ouvertement la critique. «Boléro», est-ce du cinéma ou simplement de la belle photographie pour magazines coquins sur papier glacé style Playboy, Penthouse ou Lui ? Est-ce un film ou un écrin propice à montrer les charmes et le physique avantageux de Mme Bo Derek, tout en restant dans les limites de l’érotisme (de pornographie, nenni !). Est-ce un film ou une simple idée de départ ? Car le cinéma de John et Bo Derek affiche toujours un côté clin d’œil. Après le mythe de « Tarzan » revu et corrigé (où Jane la virginale violait littéralement le musclé Tarzan pour connaître l’amour), voici «Le cheik» et «Arènes sanglantes» (deux classiques avec Rudolph Valentino) révisés. La belle Bo, toujours aussi virginale, riche héritière américaine des années 20, jette sa petite culotte sitôt sortie du collège et s’envole vers l’Arabie pour découvrir l’amour avec un cheik qui ressemble beaucoup au beau Rudolph. Malgré ses efforts à laper le miel qu’il renverse sur le corps dénudé de la dame, le fringant Arabe s’endort avant d’arriver à ses fins. Cruelle déception pour la tourterelle en mal d’exotisme qui part se consoler en Espagne, auprès d’un torero qui ressemble fort, lui aussi, à Valentino. Mais le brave tueur de taureau reçoit un coup de corne mal placé qui semble le condamner à l’éternelle abstinence sexuelle. A l’impossible, nul n’est tenu, sauf notre Bo de service qui est prête à réveiller un défunt. «Boléro» sent bon le second degré et les ébats érotiques ne sont pas désagréables à regarder… mais le film de John Derek manque du plus élémentaire tempo. Ça traîne dans l’aventure comme au lit. Toute la différence entre animer des images et faire un vrai film. Et on peut déjà imaginer Grand Ma Bo, dans une bonne décennie, toujours aussi virginale, partant une nouvelle fois dans un coin exotique de la planète afin de trouver, pour la millième fois, le grand amour. La loi des séries, sans doute.